Exiled - 2006

synopsis:
Macao, qques mois avant la rétrocession, un parfum d'incertain flotte dans l'air dense de cette île paradisiaque. 2 hommes vêtu de gabardine noire frappent à la porte d'un petit appartement et demande un certain Wo. Une jeune femme répond par la négative. Résignés, les 2 porte flingues emportent leur sac de sport sombres plus loin.
A nouveau, 2 hommes frappent et font la même requête. 4 hommes, 2 contrats sur la tête d'un seul homme?
Bienvenue dans le cinéma de Johnnie To.

Avis:
Macao, petit bastion ibérique du Portugal jusqu'en 1999, accueille le cinéma de Johnnie To après ses péripéties électorales. Ici point de gratte ciel, ou de démesure, le train pépère de To et son appétit pour les temps morts trouveront en ce décor tropical un terrain propice aux obsessions de ce réalisateur qui contribue à faire monter en gamme le cinéma made in Honk Kong.
Habitué des polars à petit budget, To livre comme à son habitude une histoire probable mais pas forcément possible et nous insère dans un entre 2, disputés entre des idéaux nobles et des simplicités de vie si familières.
Et ça marche.
Rappelant à bien des égards, The Mission, To capture encore une fois les instants fugaces pour mieux les magnifier, les croquer et trouver dans le plus petit détail une beauté universelle. Cf la partie de foot improvisée par les gardes du corps avec une boulette en papier dans The Msision... Il préfèrera par exemple suivre au premier plan, le parcours d'une canette à 6 mètres au dessus du sol plutôt que la chorégraphie des assassins en mode auto-kill. De la même manière ses personnages principaux préfèreront le squattage arrosé entre potes que la récompense d'un contrat.

Personne sinon To, ne saisit la tension avant l'orage avec autant d'acuité et cette maitrise du compte à rebours. L'instant grisant avant que n'éclate l'orage, lorsque l'air s'alourdit et que les respirations se font lourd, que l'atmosphère bourdonne jusqu'au borderline. La voilà, la signature de ce réalisateur qui gagne à être connu! To en horloger et maitre s'amuse de cette mécanique, pour mon plus grand plaisir.
Il prend également le contre pied des gun fights à la John Woo avec des fusillades certes plus statiques (par rapport aux ballets chorégraphiés de Woo) mais puisant d'avantages dans les techniques militaires: feu de couvertures, appatage, ferrages. Contrairement à Woo (qui contribua beaucoup au cinéma des Wachowski), les gunfights sont des parties de poker: bluff, pari, fold, raise, re-raise, les gunners se lancent à corps perdu dans des considérations beaucoup plus statégiques motivés par des valeurs telles que l'amitié, la pudeur et la fierté du salopard.
Lachant ses personnages en roue libre, le scénario fait la part belle aux amitiés viriles et à la confiance en un destin joueur lui aussi. Avec To, nous ne sommes rien, seulement des pions et notre volonté n'a aucune importance. Seuls résident nos motivations, la noblesse de nos aspirations. Gangster ou pas, tout ce qui compte est d'aimer la vie et de tout lui donner car après tout, nos mains sont vides.















Allons donc.

Commentaires récents
bas non, je suis pas belle.
M
Boredom, probably.
ho
ca a l'air en fonction ce blog , pkoi demen
la bougeotte!
Tu serais pas le Carl Lewis du blog-dem