Mardi 28 Novembre 2006

A family - 2004


Synopsis:
Jeom-Eun (prénom imprononçable) se réjouit de revoir son petit frère après son séjour de 3 ans derrière les barreaux. De retour au grand air, la jeune fille ne cache pas moins sa rancoeur envers son père, veuf, borgne et pauvre poissonnier de son état. Lorsqu'elle revient sur ses relations mafieuses, les emmerdes ne font que commencer.



Avis:
Sancho
parle d'un Little Odessa à la coréenne.

Avec un synopsis comme celui là, on ne pouvait avoir droit qu'à un film mineur et bien plombant pour le moral. C'est pourtant de là que le métrage tire sa force. Tranche de vie, chronique amère d'une existence sévère, âpre et sans détour, Family raconte comment des êtres appelés à s'aimer (via le petit frère/fils) se trouvent maladroits, trop apeurés et trop en colère pour accueillir, écouter et pardonner.

Le film se montre d'une incroyable patience. L'on constate les accès de colère, souvent contenus parfois déchainés. Comportements amenant automatiquement le jugement du spectateur et des personnages alentour. Et le scénario d'amener doucement des indices, le temps que les spectateurs/ personnages murissent et comprennent afin qu'à la lumière de ces nouvelles informations on puisse enfin saisir la portée des choix de ceux qui nous ont déçus.



Ainsi lorsque la colère cède à la tendresse, Jeong Eun s'éfondre de l'intérieur. Perdant la raison pour laquelle elle vivait, elle se rendra compte de l'absurdité de la rancune, rancune qui l'avait enfermée dans le mutisme et l'insolence. Poignant, insoutenable, la manière dont ce père endosse un rôle incompris de mari violent, de père indigne et comment il démontrera à sa fille qu'il l'aime bien plus qu'elle ne le pourra jamais.

Tellement azn, cette manie de mentir pour ne pas inquiéter l'autre. Tellement vraie, cette écoeurement pour les médecins, ce besoin de lutter par soi même. Si authentique, ce silence teinté d'un profond respect pour le patriarche.

Family dessine le portrait d'une jeune femme, sans fard, ni maquillage et loin d'être féminine, loin des strasses et des paillettes des productions habituelles rappelant le crapuleux Oasis, où la banlieue sud-Coréenne n'a rien à envier à nos cités HLM.

Oscillant avec beaucoup de justesse entre la misère et la révolte, c'est boursouflés de larmes que mes yeux se sont fermés sur un épilogue sobre d'optimisme.
Posted by raindrop at 06:04:47 | Permanent Link | Comments (0) |

Lundi 06 Novembre 2006

city of violence - 2006


Synopsis (tiré de cineasie):
Tae-su, un détective qui combat l'organisation du crime revient dans sa ville de naissance pour les funérailles d'un de ses amis. Aux funérailles il rencontre de vieux amis, Pil-ho, Dong-hwan et Seok-hwa, tous à l'époque inséparables.
Après une courte investigation, Tae-su et Seok-hwan cherche à mieux comprendre la mort de leur ami. Ils découvrent alors que leur ancien camarade, Pil-ho est peut-être mélé à quelques affaires mafieuses ...

Avis:
Ryo Seung Wan, étonnamment jeune - à gauche sur l'affiche - m'avait infligé une claque monumentale par son film précédent: Crying fist (merveilleux film de boxe scandaleusement inédit France). City of violence ne trahit pas la réputation du monsieur et livre 2 heures de baston drôles, brutales et ... si coréennes.

Cette cité de la violence regorge de rues mal famées, de mafieux habillés pour cher, petits et énervés. Le film affectionne plus particulièrement les bastons générales où l'on ne sait plus sur quoi ou qui on tape, mais l'important c'est de faire mal. Il renvoie au placard Kill Bill et fait sans honte honneur à la bagarre générale de Bullet in the head façon chemise à carreaux des 80's dans un terrain vague et au monument coréen Friend (la baston dans les chiottes: 2 contre 200).

Le film vaut le détour pour le manège commencé dans une rue de Séoul avec une altercation avec des breakers qui finira par une confrontation avec tous les clubs - armés jusqu'aux dents - de sport d'une école... en même temps.

Le tout se ballade sur une bande son façon Leone. Sourire évoquant l'inspiration du western spaghetti par kurosawa.
Fabuleux ce petit ping pong entre le cinéma asiatique et américain.

Ryo-ishik enterrine pourtant la filiation par une dernière demi-heure de bastonnade non stop rude et âpre (exit les cables et les parades juste pour la beauté du geste) qui n'a rien à envier à Kill Bill comme pour dire: les arts martiaux, c'est pas pour les Gayjins!
Posted by raindrop at 23:47:32 | Permanent Link | Comments (0) |