Les Infiltrés (2006)
Synopsis:
Prenez Infernal Affairs et foutez tout ça chez les Irlandais à Boston.
Avis:
Un petit laïus inutilement futile et dérisoire pour introduire ce billet comme on met le pouce avant de mettre le reste.
J'ai donné de ma personne en me portant spectateur volontaire du portage d'IA au pays des donuts. Je ne suis pas abonné aux cahiers du cinéma, quoique je manque de papier hygiénique en ce moment. Je ne remets aucunement en question le talent de Scorcese qui méritait un oscar mais peut être pas celui là.
Etant azn, je porte un regard sur le cinéma d'Hollywood teinté d'une écoute, d'un oeil et d'une sensibilité acquise les pieds dans l'eau et la tête au soleil (comme les pousses de riz, pour ceux qui n'ont pas saisi l'image).
Pour ne gacher ni le travail de Scorcese ni celui des frères Law, Raindrop s'interdit de spoiler plus que nécessaire. Critère subjectif je vous l'accorde tout comme le reste de cette review au demeurant.
Ce qui m'a le plus obnubilé en regardant ce laborieux spectacle ce sont les ficelles utilisées pour rendre "universel" les éléments qui font de IA une oeuvre purement azn et qui pour les besoins du portage furent transformées, calquées ou trashées. La transposition de la nationalité chinoise (attention, on ne parle plus de race dans ce pays, car il n'y en a qu'une seule, celles des cons, Renaud l'a dit donc c'est vrai) pour le choix irlandais est touchant de naiveté de la part de Scorcese et je ne l'attaquerai pas sur ce coté.
Non ce qui me gêne bien plus c'est ce besoin de tout ramené à ce p*tain de Freud et de facto tout ramené au cul. Cette propension à tout ramener au dessous de la cuisse justifiera des modifications du script honteuses. Ce besoin de tout expliquer par l'éducation, de foutre la faute sur les parents et de traiter la religion avec autant de vindicativité que les fanatiques religieux est à gerber.
Les Infernal Affairs se construisaient sur des dogmes bouddhiques où l'éducation, les parents ou la religiosité (ou son contraire) n'avaient aucune prise. IA étaient une illustration du cercle perpétuelle des souffrances, lorsque le boûn (les mérites) manque. Seule la filiation comptait, ce qu'on appelle le karma, le sort facétieux et la résignation des vivants. Il se plaçait à un stade plus élevé des considérations de ce monde, ce qui rendait cette trilogie éthérée, noble, presqu'intouchable. Les baraques de Boston n'ont décidément pas la classe des buildings de Hong Kong.
Dans Les Infiltrés, Scorcese nous inflige ce besoin récurrent de rédemption et un manichéisme pour bousophiles de la morale attardés... parce que bien sur à la fin, ça finit bien. Merci, les studios.
Qu'on ne se mépraine pas, le lauréat des Oscars reste un film drole, prenant et aboutis - même si par moment Scoresce insulte notre intelligence, là où IA demandait au spectateur de faire preuve d'observation - mais voilà, quand on a vu l'original à travers des yeux azn, c'était perdu d'avance.
Sales copieurs.

